Les micronutriments interviennent dans des centaines de processus biologiques, notamment la régulation immunitaire, le métabolisme énergétique, l’entretien des tissus et la formation des cellules sanguines.
Une maladie auto-immune peut modifier le statut en micronutriments par différents mécanismes :
apports alimentaires insuffisants
diminution de l’appétit
régimes restrictifs
altération de l’absorption
inflammation digestive
pertes accrues
effets liés aux médicaments
risques nutritionnels propres à certaines maladies
La micronutrition est donc particulièrement utile lorsqu’elle est ciblée, plutôt que sous la forme d’une longue liste de compléments destinés à « renforcer l’immunité ».
Vitamine D
La vitamine D joue un rôle important dans le métabolisme osseux et la biologie immunitaire.
Des concentrations basses sont fréquemment observées dans plusieurs maladies chroniques et auto-immunes, même si une association ne prouve pas à elle seule un lien de causalité.
L’étude randomisée VITAL est particulièrement intéressante. Plus de 25 000 adultes ont été suivis et la supplémentation en vitamine D a été associée à une diminution de 22 % de l’incidence de maladies auto-immunes confirmées sur environ cinq ans. Il s’agissait d’une étude de prévention chez des adultes plus âgés, et non d’une étude de traitement d’une maladie auto-immune déjà diagnostiquée.
Le message pratique est simple :
une carence en vitamine D est cliniquement pertinente et mérite d’être corrigée lorsqu’elle est identifiée.
Fer et ferritine
Une carence en fer peut contribuer à :
la fatigue
la diminution de la tolérance à l’effort
la faiblesse
des difficultés de concentration
le syndrome des jambes sans repos
certaines modifications des cheveux
Une carence en fer peut exister avant l’apparition d’une anémie.
Elle peut être particulièrement pertinente lorsque la maladie auto-immune ou inflammatoire touche le tube digestif, en présence de pertes sanguines ou lorsque l’absorption est altérée.
La ferritine aide à évaluer les réserves de fer, mais l’inflammation peut augmenter son taux. Son interprétation nécessite donc parfois d’autres marqueurs et le contexte clinique.
Vitamine B12 et folates
La vitamine B12 et les folates sont importants pour le système nerveux, la formation du sang et le métabolisme cellulaire.
Une carence peut être liée à des apports insuffisants, à certains médicaments ou à une mauvaise absorption digestive.
La gastrite auto-immune constitue un exemple particulièrement pertinent. L’atrophie progressive de la muqueuse gastrique peut perturber le statut en vitamine B12 mais également en fer.
La maladie cœliaque et les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin peuvent entraîner d’autres risques nutritionnels.
La bonne question n’est donc pas simplement :
« Dois-je prendre de la vitamine B12 ? »
Mais :
« Existe-t-il une raison pour laquelle je pourrais en manquer, et que montre ma situation individuelle ? »
Sélénium
Le sélénium participe notamment au fonctionnement des enzymes antioxydantes et au métabolisme des hormones thyroïdiennes.
Il fait l’objet d’un intérêt particulier dans la thyroïdite auto-immune.
Certaines études randomisées et méta-analyses portant sur la thyroïdite de Hashimoto ont observé des modifications de paramètres biologiques thyroïdiens sous supplémentation.
Cela ne signifie pas que toutes les personnes atteintes de Hashimoto doivent prendre du sélénium.
Les besoins sont faibles et un excès peut être nocif, ce qui illustre l’intérêt d’une micronutrition ciblée plutôt que d’une supplémentation systématique.
Zinc et autres micronutriments
Le zinc intervient dans de nombreux aspects du fonctionnement immunitaire.
Son statut peut être pertinent selon l’alimentation, la santé digestive et la situation nutritionnelle individuelle.
Le magnésium et différentes vitamines du groupe B peuvent également mériter une attention particulière dans certaines situations.
Au Centre Algos, nous ne partons pas du principe que toutes les personnes atteintes d’une maladie auto-immune ont besoin des mêmes micronutriments.
Nous recherchons une raison clinique de les explorer ou de les corriger.