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Fondamentaux

Inflammation chronique : quelles sont les causes et comment la réduire ?

L’inflammation chronique est une activité inflammatoire persistante qui se prolonge au-delà de la réponse normale de l’organisme. Elle a rarement une cause unique, et un marqueur inflammatoire reste un indice, pas un diagnostic. Voici ce qui entretient une inflammation de bas grade, ce que les analyses peuvent montrer et comment nous l’investiguons.

Par Publié le 5 septembre 202622 min de lecture

Repas méditerranéen en préparation sur une table en bois avec légumes, légumineuses, huile d’olive, herbes, noix et poisson

L’inflammation chronique correspond à une activité inflammatoire persistante qui se prolonge au-delà de la réponse de courte durée normalement utilisée par l’organisme pour lutter contre une infection, réagir à une lésion et réparer les tissus.

Contrairement à l’inflammation aiguë, elle ne provoque pas toujours de rougeur, de chaleur ou de gonflement visibles. Une inflammation de bas grade peut s’installer plus discrètement et être influencée par la santé métabolique, l’excès de graisse viscérale, le tabagisme, l’inactivité physique, un sommeil insuffisant, l’alimentation et certaines maladies chroniques.

Mais fatigue, douleurs articulaires, troubles digestifs ou brouillard mental ne signifient pas automatiquement que vous souffrez d’une inflammation chronique.

Au Centre Algos, nous ne considérons donc pas « l’inflammation » comme un symptôme isolé ou comme une simple valeur de laboratoire. Nous commençons par une question plus utile :

Pourquoi l’activité inflammatoire persiste-t-elle et qu’est-ce qui l’entretient ?

La réponse détermine ce qu’il est pertinent d’investiguer et ce sur quoi nous pouvons réellement agir.

L’inflammation n’est pas l’ennemi

L’inflammation est une fonction essentielle de notre organisme.

Lorsque vous vous coupez, développez une infection ou vous blessez, le système immunitaire organise rapidement une réponse. La circulation sanguine se modifie, des cellules immunitaires s’activent et différentes molécules de signalisation contribuent à contrôler la menace et à initier la réparation.

C’est l’inflammation aiguë.

Dans une réponse normale, l’activité inflammatoire augmente lorsqu’elle est nécessaire puis diminue lorsque le problème se résout.

L’inflammation chronique est différente.

La signalisation inflammatoire peut rester active plus longtemps lorsque le facteur déclenchant persiste, lorsque la régulation immunitaire est modifiée ou lorsque d’autres facteurs biologiques continuent à stimuler cette réponse.

L’objectif n’est donc pas de « supprimer toute inflammation » dans l’organisme.

Il s’agit de comprendre pourquoi elle persiste.

Qu’est-ce qu’une inflammation de bas grade ou « silencieuse » ?

Vous avez peut-être déjà rencontré les termes inflammation de bas grade, inflammation silencieuse ou inflammation systémique chronique.

Ces notions sont proches, mais elles ne constituent pas des diagnostics interchangeables.

L’inflammation systémique de bas grade décrit généralement une activité inflammatoire persistante, beaucoup moins intense que celle observée lors d’une infection aiguë ou d’une blessure.

Elle est notamment étudiée dans le vieillissement, l’obésité, l’insulinorésistance, les maladies cardiovasculaires et d’autres maladies chroniques.

L’expression « inflammation silencieuse » est devenue populaire parce que cette activité peut exister sans les signes classiques de l’inflammation aiguë.

Mais une distinction est essentielle :

Une inflammation silencieuse ne peut pas être diagnostiquée simplement parce qu’une personne est fatiguée, présente des troubles digestifs ou souffre de douleurs.

Ces symptômes peuvent avoir de nombreuses causes.

Quels sont les symptômes de l’inflammation chronique ?

Il n’existe pas de profil de symptômes unique permettant d’affirmer qu’une inflammation chronique est présente.

Selon la maladie ou le mécanisme sous-jacent, certains états inflammatoires peuvent être associés à :

  • une fatigue persistante
  • des douleurs articulaires ou musculaires
  • une raideur
  • des troubles digestifs
  • des modifications de l’appétit ou du poids
  • une diminution de la tolérance à l’effort
  • un sommeil de mauvaise qualité
  • une sensation générale de malaise

Mais ces symptômes sont peu spécifiques.

La fatigue peut par exemple être liée à une carence en fer, une maladie thyroïdienne, une apnée du sommeil, certains médicaments, un apport énergétique insuffisant, une dépression, une infection ou de nombreuses autres causes.

De même, une douleur chronique ne signifie pas automatiquement qu’il existe une inflammation systémique chronique.

Les symptômes doivent donc être interprétés dans leur contexte plutôt que simplement étiquetés comme « inflammatoires ».

Une prise de sang peut-elle montrer une inflammation chronique ?

Les analyses sanguines peuvent fournir des indices importants, mais aucun test isolé ne donne une vision complète de l’inflammation chronique.

CRP

La protéine C-réactive ou CRP est principalement produite par le foie en réponse à différents signaux inflammatoires.

Elle peut augmenter fortement lors d’une infection, d’une maladie inflammatoire ou d’une lésion tissulaire.

Une CRP élevée indique qu’une activité inflammatoire peut être présente. Elle ne permet pas, à elle seule, de déterminer où se situe l’inflammation ni ce qui la provoque.

VS

La vitesse de sédimentation ou VS est un autre marqueur couramment utilisé.

Comme la CRP, elle est peu spécifique et doit être interprétée avec les symptômes, l’examen clinique, les antécédents et les autres investigations.

hs-CRP

La CRP ultrasensible ou hs-CRP permet de mesurer des concentrations plus faibles de CRP et possède notamment une place reconnue dans l’évaluation du risque cardiovasculaire dans certaines situations.

Elle ne doit toutefois pas être présentée comme un test universel de « l’inflammation silencieuse ».

Peut-on avoir une inflammation avec une CRP normale ?

Oui.

Certaines maladies inflammatoires ou auto-immunes peuvent être présentes malgré une CRP ou une VS normale.

C’est l’une des raisons pour lesquelles nous n’interprétons pas les résultats biologiques de manière isolée.

Qu’est-ce qui peut entretenir une inflammation chronique de bas grade ?

Il existe rarement une cause universelle.

La question clinique consiste à déterminer quels facteurs sont pertinents pour chaque patient.

Schéma explicatifFacteurs modifiables abordés dans cet articleUne activité inflammatoire persistante est souvent influencée par plusieurs facteurs simultanés :
  • santé métabolique et graisse viscérale
  • modèle alimentaire et densité nutritionnelle
  • activité physique et capacités
  • qualité et durée du sommeil
  • tabagisme
  • stress persistant et récupération

Les maladies sous-jacentes constituent une catégorie distincte. Les maladies auto-immunes, inflammatoires, infectieuses et métaboliques peuvent entretenir une activité inflammatoire indépendamment du mode de vie et nécessitent une évaluation et un traitement médicaux.

Santé métabolique et graisse viscérale

Le tissu adipeux n’est pas un simple lieu de stockage de l’énergie.

Il s’agit d’un tissu biologiquement actif qui communique avec les systèmes immunitaire et endocrinien.

L’excès de graisse viscérale autour des organes abdominaux est notamment associé à une modification de la signalisation inflammatoire et à l’insulinorésistance.

Cela contribue à expliquer l’association étroite entre obésité, dysfonction métabolique et inflammation chronique de bas grade.

Lorsque ces facteurs sont présents, améliorer la santé métabolique peut réduire une source importante de signalisation inflammatoire.

Il ne s’agit pas uniquement du chiffre affiché sur la balance.

La répartition abdominale de la graisse, la régulation du glucose, l’activité physique, la masse musculaire, l’alimentation et la santé métabolique globale peuvent toutes jouer un rôle.

Tabagisme

Le tabac expose l’organisme de manière répétée à un stress oxydatif et inflammatoire et modifie la fonction immunitaire.

L’arrêt du tabac constitue donc l’une des interventions les plus importantes lorsque le tabagisme contribue au risque cardiovasculaire et inflammatoire.

Inactivité physique

Le muscle est lui aussi un tissu métaboliquement actif.

L’activité physique influence la régulation du glucose, la santé cardiovasculaire, la composition corporelle et la signalisation immunitaire.

Les recherches montrent régulièrement qu’une activité physique régulière peut réduire plusieurs marqueurs associés à l’inflammation chronique.

Maladie persistante

L’inflammation n’est pas toujours principalement liée au mode de vie.

Elle peut notamment être entretenue par :

  • une maladie auto-immune
  • une maladie inflammatoire chronique
  • une infection persistante
  • une maladie inflammatoire de l’intestin
  • une arthrite inflammatoire
  • une maladie métabolique
  • d’autres pathologies sous-jacentes

Dans ces situations, identifier et traiter la maladie elle-même est prioritaire.

Alimentation et inflammation chronique : pensez au modèle alimentaire, pas aux superaliments

Internet regorge de listes d’aliments supposés « anti-inflammatoires ».

Certains aliments possèdent effectivement des propriétés nutritionnelles intéressantes, mais les données scientifiques sont plus convaincantes lorsque l’on considère l’alimentation dans son ensemble.

Le modèle alimentaire méditerranéen fait partie des approches les mieux étudiées.

Il privilégie généralement :

  • les légumes
  • les fruits et les baies
  • les légumineuses
  • les noix et les graines
  • l’huile d’olive
  • le poisson
  • les aliments riches en fibres
  • les céréales complètes lorsqu’elles sont appropriées et bien tolérées
  • les herbes et les épices
  • une consommation limitée d’aliments ultra-transformés

Des essais randomisés et des méta-analyses ont observé une amélioration de plusieurs marqueurs inflammatoires avec une alimentation de type méditerranéen.

La qualité globale de votre alimentation compte davantage que l’ajout d’un seul « superaliment anti-inflammatoire » à une alimentation déséquilibrée.

Et le sucre ?

Le sucre mérite notre attention, mais le message doit être plus précis que « le sucre provoque de l’inflammation ».

Le contexte métabolique est essentiel.

Une alimentation riche en boissons sucrées, aliments raffinés et excès calorique peut favoriser la prise de poids, l’accumulation de graisse viscérale, l’insulinorésistance et une moins bonne santé métabolique.

Ces modifications peuvent à leur tour favoriser un environnement associé à une signalisation inflammatoire chronique.

C’est notamment pour cette raison que nous encourageons souvent à réduire les sucres ajoutés et les boissons sucrées.

Cela ne signifie pas qu’il faut craindre les fruits parce qu’ils contiennent naturellement des sucres.

Les fruits entiers apportent des fibres, des micronutriments et de nombreux composés végétaux. Leur place dans l’alimentation est très différente de celle d’une boisson sucrée ou d’une consommation répétée de produits raffinés riches en sucres.

Les aliments ultra-transformés

Une consommation élevée d’aliments ultra-transformés est associée à une moins bonne santé cardiométabolique et à plusieurs maladies chroniques.

Ces produits peuvent également remplacer des aliments que nous souhaitons davantage retrouver dans l’alimentation : légumes, fibres, légumineuses, noix, graines et sources de protéines peu transformées.

Plutôt que d’essayer de classer chaque ingrédient comme « inflammatoire » ou « anti-inflammatoire », une stratégie pratique consiste souvent à réorienter progressivement l’alimentation vers des produits reconnaissables et peu transformés.

Intestin, microbiote et inflammation

La relation entre l’intestin et le système immunitaire est réelle et scientifiquement importante.

Le tube digestif abrite un immense écosystème microbien et la barrière intestinale communique en permanence avec les cellules immunitaires.

Les métabolites microbiens, les fibres alimentaires, la perméabilité intestinale et la signalisation immunitaire interagissent.

Ces mécanismes ont conduit à des recherches très importantes sur le microbiote intestinal et l’inflammation chronique.

Ils ont aussi donné lieu à de nombreuses extrapolations commerciales.

Il est trop simpliste d’affirmer :

« Votre microbiote est déséquilibré, donc vos symptômes sont provoqués par une inflammation systémique. »

Les connaissances actuelles sur le microbiote ne permettent pas de tirer cette conclusion chez tous les patients.

Au Centre Algos, nous prenons la santé digestive au sérieux sans supposer que chaque symptôme chronique trouve son origine dans l’intestin.

Soutenir la santé intestinale lorsqu’elle est pertinente

Lorsque la santé digestive semble jouer un rôle, la première étape consiste à comprendre le problème.

Nous pouvons notamment nous intéresser :

  • au transit intestinal
  • aux douleurs abdominales ou ballonnements
  • à la tolérance alimentaire
  • à l’apport en fibres
  • aux médicaments
  • aux antécédents gastro-intestinaux
  • à une modification inexpliquée du poids
  • aux carences nutritionnelles
  • aux signes de malabsorption
  • aux symptômes évocateurs d’une inflammation

L’alimentation peut ensuite être adaptée.

Pour de nombreuses personnes, soutenir l’écosystème intestinal consiste notamment à augmenter la diversité alimentaire, les végétaux et les fibres tout en réduisant une consommation excessive d’aliments ultra-transformés et de sucres ajoutés.

Les aliments fermentés peuvent également être intéressants chez certaines personnes lorsqu’ils sont bien tolérés.

Mais il n’existe pas de régime universel permettant de « réparer l’intestin ».

Une personne souffrant d’un syndrome de l’intestin irritable, d’une maladie inflammatoire intestinale, d’une maladie coeliaque ou d’une malabsorption importante nécessite une approche différente de celle d’une personne consommant simplement trop peu de fibres.

Quand une analyse des selles peut-elle être utile ?

Une analyse des selles est utile lorsqu’elle répond à une question clinique.

La calprotectine fécale, par exemple, est un marqueur reconnu de l’inflammation intestinale et peut contribuer, dans les situations appropriées, à différencier une maladie inflammatoire intestinale d’un trouble gastro-intestinal fonctionnel.

D’autres analyses peuvent être pertinentes lorsqu’une infection, une maldigestion ou un autre problème gastro-intestinal précis est suspecté.

Les tests commerciaux du microbiote sont différents.

Un rapport détaillé sur le microbiote peut produire une grande quantité d’informations, mais chaque abondance bactérienne ou « score de dysbiose » ne possède pas nécessairement une signification clinique validée.

Au Centre Algos, les analyses sont donc choisies en fonction de l’histoire du patient et de la question à laquelle nous souhaitons répondre.

Un test doit améliorer une décision clinique, pas simplement produire davantage de données.

L’activité physique est l’un des outils les plus efficaces pour agir sur l’inflammation

L’exercice peut sembler paradoxal dans une discussion sur l’inflammation, car un effort intense peut temporairement augmenter certains signaux inflammatoires.

Cette réponse de courte durée fait partie de l’adaptation normale de l’organisme.

Une activité physique régulière et correctement dosée produit un effet très différent à long terme.

Les recherches montrent une amélioration de plusieurs marqueurs inflammatoires avec l’exercice aérobie, le renforcement musculaire et les programmes combinés.

L’activité physique améliore également la sensibilité à l’insuline, la santé cardiovasculaire, la masse musculaire, la régulation du glucose, la capacité physique, le sommeil et la composition corporelle.

Pour une personne inactive depuis longtemps, la solution n’est pas nécessairement de commencer immédiatement par un entraînement intense.

Le point de départ dépend de la capacité actuelle, de la douleur, des maladies présentes et du niveau d’activité antérieur.

La régularité compte davantage que l’épuisement.

Sommeil et inflammation

Le sommeil joue un rôle important dans la régulation métabolique et immunitaire.

Les recherches associent les troubles persistants du sommeil et les restrictions répétées de sommeil à une augmentation de certains marqueurs inflammatoires, notamment la CRP et l’IL-6.

Une seule mauvaise nuit ne crée pas une inflammation chronique.

C’est la répétition qui compte.

Un manque de sommeil régulier, un sommeil fragmenté ou un trouble du sommeil non traité peuvent participer à un tableau métabolique et inflammatoire plus large.

Lorsque nous investiguons fatigue et inflammation, le sommeil mérite donc une attention particulière.

Et le stress chronique ?

Le stress psychologique ne « provoque » pas simplement une inflammation par l’intermédiaire d’une seule hormone.

La relation est plus complexe.

Un stress persistant peut influencer le sommeil, le comportement alimentaire, l’activité physique, le système nerveux autonome, la régulation métabolique et la signalisation immunitaire.

Ces systèmes interagissent.

La gestion du stress peut donc faire partie d’une stratégie plus globale, particulièrement lorsqu’un stress persistant affecte clairement le sommeil, la récupération ou les comportements.

Au Centre Algos, des approches telles que la respiration contrôlée peuvent être envisagées aux côtés des autres facteurs plutôt que présentées comme un traitement isolé de l’inflammation.

Oméga-3 et micronutrition

La nutrition ne se résume pas aux calories et aux macronutriments.

Les micronutriments sont nécessaires au fonctionnement normal du système immunitaire, des systèmes antioxydants, du métabolisme énergétique et de la réparation tissulaire.

Lorsqu’une carence ou une insuffisance est présente, sa correction peut être cliniquement importante.

Selon les antécédents, l’alimentation et les symptômes, l’évaluation peut notamment concerner :

  • la vitamine D
  • le fer et la ferritine
  • la vitamine B12 et les folates
  • le zinc
  • d’autres micronutriments lorsqu’ils sont cliniquement indiqués

Les acides gras oméga-3 sont particulièrement intéressants dans la régulation inflammatoire.

Des méta-analyses d’essais de supplémentation ont rapporté des diminutions de marqueurs inflammatoires tels que la CRP, l’IL-6 et le TNF-α, avec des résultats variables selon les populations, les doses et les protocoles étudiés.

L’alimentation reste une source importante, notamment par la consommation de poissons gras.

Une supplémentation peut être envisagée lorsqu’elle est adaptée à l’alimentation et au contexte clinique du patient.

Phytothérapie et inflammation chronique

Certains composés d’origine végétale exercent également des effets mesurables sur les voies inflammatoires.

La curcumine, issue du curcuma, fait partie des substances les plus étudiées.

De grandes méta-analyses d’essais randomisés ont rapporté une diminution de certains biomarqueurs inflammatoires, notamment la CRP.

Cela ne signifie pas que le curcuma ou la curcumine traite toutes les maladies associées à l’inflammation.

Cela signifie que la phytothérapie peut exercer des effets biologiques pertinents et mérite d’être envisagée en fonction de la maladie, des données scientifiques, de la dose, de la formulation, des médicaments utilisés et des interactions possibles.

Au Centre Algos, la phytothérapie s’intègre dans une stratégie thérapeutique individualisée et non dans une « détox anti-inflammatoire » générique.

Les maladies auto-immunes sont différentes

Une maladie auto-immune ne doit pas être réduite au concept d’« inflammation silencieuse ».

La polyarthrite rhumatoïde, la maladie de Crohn, la rectocolite hémorragique, le psoriasis et l’arthrite psoriasique, la spondyloarthrite axiale, le lupus, la maladie coeliaque ou la thyroïdite de Hashimoto impliquent des mécanismes pathologiques spécifiques.

La nutrition, l’activité physique, le sommeil, la micronutrition et la phytothérapie peuvent constituer des éléments complémentaires intéressants.

Mais la priorité est de reconnaître la maladie et d’assurer une évaluation et une prise en charge médicales appropriées.

Cela est particulièrement important lorsqu’une inflammation non contrôlée peut entraîner des lésions irréversibles des tissus ou des organes.

L’inflammation chronique provoque-t-elle des douleurs chroniques ?

L’inflammation contribue parfois de manière importante à la douleur.

Les arthrites inflammatoires en sont un exemple évident.

Mais la douleur chronique est plus complexe que l’inflammation seule.

Elle peut impliquer une pathologie tissulaire persistante, les contraintes mécaniques, une irritation ou une lésion nerveuse, la sensibilisation du système nerveux, les troubles du sommeil, une diminution des capacités physiques, des facteurs psychologiques et sociaux, la santé métabolique et l’inflammation.

Une légère élévation d’un marqueur inflammatoire n’explique donc pas nécessairement la douleur d’une personne.

L’ensemble du tableau clinique doit être cohérent.

Comment nous investiguons l’inflammation chronique au Centre Algos

Nous commençons par le patient, pas par une batterie d’analyses.

Nous cherchons notamment à comprendre :

  • les symptômes et leur évolution
  • les diagnostics connus
  • les médicaments et compléments
  • les investigations déjà réalisées
  • la santé digestive
  • les habitudes alimentaires
  • le sommeil
  • l’activité physique
  • le tabagisme et la consommation d’alcool
  • la santé métabolique
  • les variations de poids
  • le stress et la récupération
  • les antécédents personnels et familiaux

Nous examinons les résultats sanguins existants avant de décider si des investigations complémentaires apporteraient réellement des informations utiles.

Selon le tableau clinique, les analyses peuvent inclure des marqueurs inflammatoires et métaboliques standards ainsi que des investigations plus ciblées en biologie fonctionnelle, nutrition ou santé digestive.

Cela peut inclure l’évaluation du statut en micronutriments et, lorsque cela est cliniquement justifié, des analyses de selles ou d’autres investigations spécialisées allant au-delà d’un bilan sanguin de routine.

Notre objectif n’est pas de rechercher indéfiniment des valeurs anormales.

Il est d’identifier les résultats susceptibles de modifier concrètement la stratégie thérapeutique.

Schéma explicatifLe déroulement d’un bilan au Centre AlgosChaque étape détermine si la suivante est utile :
  1. Étape 1: symptômes et anamnèse
  2. Étape 2: revue des résultats existants
  3. Étape 3: investigations ciblées lorsqu’elles sont justifiées
  4. Étape 4: identification des facteurs pertinents
  5. Étape 5: plan de traitement personnalisé
  6. Étape 6: réévaluation

Multiplier les analyses n’apporte pas automatiquement plus d’informations utiles. Une investigation est demandée lorsque son résultat peut modifier la suite de la prise en charge.

Notre approche de l’inflammation chronique

Il n’existe pas de « protocole anti-inflammatoire Centre Algos » unique.

Le traitement dépend de ce que l’évaluation met en évidence.

La stratégie peut donc associer plusieurs éléments.

Alimentation

Améliorer le modèle alimentaire global, réduire l’excès de sucres ajoutés et d’aliments ultra-transformés, augmenter la densité nutritionnelle et adapter l’alimentation aux besoins métaboliques et digestifs.

Santé digestive

Prendre en charge les symptômes gastro-intestinaux pertinents, la tolérance alimentaire, le transit et les problèmes intestinaux identifiés plutôt que de supposer que chaque patient présente une « dysbiose ».

Micronutrition

Corriger les insuffisances nutritionnelles documentées ou cliniquement pertinentes et utiliser les compléments de manière ciblée plutôt que de prescrire une longue liste de produits à tout le monde.

Phytothérapie

Utiliser des traitements à base de plantes soutenus par les données disponibles lorsqu’ils sont adaptés à la situation et compatibles avec les médicaments et les antécédents du patient.

Mouvement et exercice

Développer une activité physique régulière et les capacités fonctionnelles à un niveau que le patient peut tolérer puis faire progresser.

Sommeil et récupération

Identifier les problèmes persistants de sommeil et améliorer les conditions nécessaires à une récupération suffisante.

Régulation du stress

Agir sur un stress persistant lorsqu’il contribue de manière significative aux troubles du sommeil, à la récupération, aux comportements ou aux symptômes.

Coordination médicale

Lorsque le tableau suggère une maladie inflammatoire, auto-immune, infectieuse ou une autre pathologie médicale, des investigations médicales complémentaires deviennent prioritaires.

Ces différents éléments ne représentent pas des philosophies concurrentes.

Ce sont des outils différents, utilisés en fonction du problème biologique et clinique identifié.

Quand une inflammation chronique doit-elle être investiguée médicalement ?

Des symptômes persistants ou inexpliqués justifient une évaluation médicale, en particulier lorsqu’ils sont accompagnés de :

  • perte de poids inexpliquée
  • fièvre persistante
  • sueurs nocturnes
  • articulations gonflées, chaudes ou durablement raides
  • sang dans les selles
  • diarrhée persistante
  • douleurs abdominales importantes
  • anémie inexpliquée
  • faiblesse importante
  • nouveaux symptômes neurologiques
  • marqueurs inflammatoires durablement anormaux
  • aggravation rapide des symptômes

Ces signes ne doivent pas être pris en charge uniquement avec des compléments alimentaires ou un régime anti-inflammatoire.

Ils nécessitent une évaluation diagnostique appropriée.

À retenir

L’inflammation chronique est une réalité biologique, mais elle ne constitue pas une maladie cachée unique expliquant tous les symptômes chroniques.

La CRP et les autres marqueurs inflammatoires peuvent apporter des informations utiles, mais ils doivent être interprétés dans leur contexte.

Il en va de même pour les analyses du microbiote, les bilans micronutritionnels et les investigations digestives.

Les données les plus solides concernant la réduction de la charge inflammatoire chronique de bas grade convergent vers des fondamentaux remarquablement cohérents :

une bonne santé métabolique, une activité physique régulière, un sommeil suffisant, l’absence de tabagisme, une alimentation de type méditerranéen riche en nutriments et le traitement de toute maladie sous-jacente.

La micronutrition, le soutien digestif et la phytothérapie peuvent ensuite apporter des options plus ciblées lorsqu’il existe une raison clinique de les utiliser.

Au Centre Algos, notre objectif n’est donc pas simplement de « combattre l’inflammation ».

Nous cherchons ce qui peut l’entretenir, nous investiguons lorsque cela est nécessaire et nous construisons la stratégie thérapeutique à partir des résultats.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’inflammation chronique ?

L’inflammation chronique correspond à une activité inflammatoire persistante qui se prolonge au-delà de la réponse de courte durée normalement mobilisée par l’organisme pour lutter contre une infection, réagir à une lésion et réparer les tissus. pour lutter contre une infection, réagir à une lésion et réparer les tissus. Contrairement à l’inflammation aiguë, elle ne provoque pas toujours de rougeur, de chaleur ou de gonflement visibles.

Qu’est-ce que l’inflammation silencieuse ?

Il s’agit d’un terme courant pour désigner une activité inflammatoire de bas grade sans les signes classiques de l’inflammation aiguë. C’est une description, pas un diagnostic, et elle ne peut pas être affirmée simplement parce qu’une personne est fatiguée ou souffre.

Quels sont les symptômes de l’inflammation chronique ?

Aucun tableau de symptômes ne prouve à lui seul une inflammation chronique. Selon la maladie sous-jacente, on peut observer fatigue, douleurs articulaires ou musculaires, raideur, troubles digestifs, sommeil de mauvaise qualité, baisse de la tolérance à l’effort ou malaise général. Tous ces signes sont non spécifiques.

Comment savoir si j’ai de l’inflammation dans le corps ?

Seule une évaluation clinique permet de répondre. Les symptômes, les antécédents, l’examen et les résultats déjà disponibles sont analysés ensemble, et les analyses de laboratoire sont interprétées dans ce contexte.

Peut-on avoir une inflammation chronique avec une CRP normale ?

Oui. Certaines maladies inflammatoires et auto-immunes peuvent exister malgré une CRP ou une VS normales. C’est pourquoi une valeur de laboratoire n’est jamais interprétée isolément.

Quels aliments peuvent aider à réduire l’inflammation ?

Le modèle alimentaire compte davantage qu’un aliment isolé. Une alimentation de type méditerranéen, riche en légumes, légumineuses, fruits, oléagineux, huile d’olive, poisson et fibres, avec peu d’aliments ultra-transformés, dispose des données les plus convaincantes.

Le sucre provoque-t-il de l’inflammation ?

Le lien passe par la santé métabolique. Une alimentation riche en boissons sucrées, en produits raffinés et en excès calorique favorise la prise de poids, la graisse viscérale et l’insulinorésistance, associées à une signalisation inflammatoire chronique. Un fruit entier se comporte très différemment d’un soda.

Les problèmes intestinaux peuvent-ils provoquer de l’inflammation ?

L’intestin et le système immunitaire interagissent en permanence, et certaines maladies digestives comportent une véritable inflammation. Mais tout symptôme chronique ne commence pas dans l’intestin, et un score commercial de dysbiose ne démontre pas une inflammation systémique.

L’activité physique peut-elle réduire l’inflammation chronique ?

L’activité physique régulière et bien dosée fait partie des mesures les plus efficaces. Les recherches montrent une amélioration des marqueurs inflammatoires avec l’exercice aérobie, le renforcement musculaire et les programmes combinés, avec en plus des bénéfices sur la sensibilité à l’insuline, le sommeil et les capacités physiques.

Quels compléments peuvent aider en cas d’inflammation ?

Une supplémentation n’a d’intérêt que si elle répond à un besoin documenté. Les oméga-3 et certains composés végétaux comme la curcumine ont des effets mesurables sur les marqueurs inflammatoires, et corriger une réelle insuffisance en micronutriments peut être cliniquement important. Cela ne remplace pas le traitement d’une maladie sous-jacente.

L’inflammation chronique est-elle la même chose qu’une maladie auto-immune ?

Non. Les maladies auto-immunes impliquent des processus spécifiques et nécessitent une évaluation et un traitement médicaux appropriés. L’alimentation, l’activité physique, le sommeil, la micronutrition et la phytothérapie peuvent accompagner la prise en charge sans la remplacer.

Le Centre Algos peut-il rechercher les causes d’une inflammation chronique ?

Oui, lorsque cela est cliniquement justifié. Nous examinons d’abord les résultats existants, puis nous pouvons utiliser des marqueurs inflammatoires et métaboliques standards ainsi que des investigations ciblées en biologie fonctionnelle, en micronutrition ou en santé digestive. Une analyse est demandée lorsque son résultat peut modifier la stratégie thérapeutique.

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