Pathologies
Douleur chronique : comprendre les douleurs persistantes et les options de traitement
Pourquoi une douleur peut persister, ce qui peut y contribuer et comment nous l'évaluons à Fribourg
Vivre avec une douleur qui ne disparaît pas change le quotidien. Le sommeil, le travail, l'activité physique, l'humeur et la vie sociale peuvent tous en être affectés, souvent bien au-delà de ce que les examens laissent supposer.

La douleur chronique n'est pas un diagnostic unique. Elle regroupe des situations très différentes, avec des mécanismes différents et des besoins différents. C'est pourquoi une même explication ne convient pas à tout le monde.
Cette page explique ce que signifie une douleur chronique, ce qui peut contribuer à sa persistance, ce que les examens peuvent et ne peuvent pas montrer, et comment nous l'évaluons au Centre Algos à Fribourg.
Qu'est-ce qu'une douleur chronique ?
On parle généralement de douleur chronique lorsqu'une douleur persiste ou revient depuis plus de trois mois. Cette définition repose avant tout sur la durée, et non sur l'intensité : une douleur modérée peut être chronique, une douleur très intense peut rester aiguë.
La douleur chronique ne prend pas une seule forme. Elle peut être :
- continue, présente tous les jours
- intermittente, avec des périodes plus calmes
- récurrente, par épisodes
- localisée à une seule région
- régionale, touchant par exemple tout un membre
- diffuse ou présente à plusieurs endroits en même temps
Elle peut apparaître après une blessure ou une opération, accompagner une arthrose, un problème de colonne vertébrale, une atteinte nerveuse, une maladie inflammatoire ou une autre maladie. Chez certaines personnes, aucun diagnostic structurel unique n'explique à lui seul l'ensemble du vécu douloureux.
Une douleur chronique ne signifie pas automatiquement que les tissus sont guéris. Dans certaines situations, une maladie ou une atteinte tissulaire reste active et cliniquement pertinente. Dans d'autres, la douleur persiste alors que la lésion initiale a évolué favorablement. Cette distinction change la manière d'évaluer la situation.
Douleur chronique primaire et douleur chronique secondaire
La médecine de la douleur distingue aujourd'hui deux grandes situations. Cette distinction est utile pour comprendre pourquoi deux personnes vivant avec une douleur persistante ne relèvent pas de la même démarche.
Douleur chronique secondaire
La douleur reste liée à une affection identifiable qui garde toute sa pertinence clinique : une arthrose, une maladie inflammatoire, un cancer ou ses traitements, une atteinte ou une maladie du système nerveux, une pathologie musculosquelettique persistante, ou encore les suites d'une opération ou d'un traumatisme.
Dans ces situations, la maladie sous-jacente continue d'être suivie et traitée pour elle-même.
Douleur chronique primaire
Dans d'autres cas, la douleur chronique devient un problème de santé à part entière, qui ne s'explique pas suffisamment par un autre diagnostic.
Cela ne veut pas dire que la douleur est imaginaire, qu'elle serait psychologique par défaut, que rien ne va, ou qu'il n'y aurait plus qu'à l'accepter.
Nous ne partons pas du principe que toute douleur persistante correspond à une douleur chronique primaire. La situation se précise à partir de l'histoire clinique, des examens déjà réalisés et de l'évolution des symptômes.
Plus de douleur signifie-t-il toujours plus de lésions ?
La douleur est une expérience protectrice produite par le système nerveux en réponse à une menace perçue. Lors d'une blessure récente, l'intensité de la douleur et l'atteinte des tissus se correspondent souvent assez bien.
Lorsque la douleur se prolonge, cette correspondance devient moins directe. L'intensité douloureuse n'est pas une mesure directe :
- de l'importance d'une lésion
- du degré d'inflammation
- du degré d'usure ou de dégénérescence
- des anomalies visibles à l'IRM
Cela ne signifie pas que l'état des tissus n'a pas d'importance. Une maladie structurelle peut tout à fait contribuer à une douleur chronique. Le point essentiel est que la relation entre ce que montrent les examens et ce que ressent la personne n'est pas systématiquement de un pour un. C'est également ce que nous expliquons sur la page consacrée au mal de dos.
Trois grands mécanismes de douleur
La médecine de la douleur décrit trois grands mécanismes. Ils ne sont pas des diagnostics à poser soi-même, et plusieurs d'entre eux peuvent coexister chez une même personne.
Douleur nociceptive
Elle est associée à une lésion réelle ou menaçante de tissus non nerveux et à l'activation des récepteurs de la douleur.
- douleurs articulaires
- douleurs musculosquelettiques inflammatoires
- suites d'une blessure tissulaire
Cela ne veut pas dire qu'une douleur d'arthrose est purement nociceptive : chez certaines personnes, d'autres mécanismes participent aussi au tableau.
Douleur neuropathique
Elle résulte d'une lésion ou d'une maladie du système nerveux somatosensoriel. Elle dispose d'une page dédiée sur le site.
- sensation de brûlure
- décharges électriques ou élancements
- fourmillements
- engourdissement
- sensibilité modifiée au toucher
Douleur nociplastique
Ce terme décrit une douleur associée à une nociception modifiée, sans preuve claire qu'une atteinte tissulaire en cours ou une maladie du système nerveux somatosensoriel explique à elle seule les symptômes.
- douleurs diffuses ou touchant plusieurs régions
- sensibilité accrue au toucher, au mouvement ou à la pression
- symptômes disproportionnés par rapport aux constatations tissulaires
- fatigue
- sommeil non réparateur
Toutes les douleurs diffuses ne relèvent pas de ce mécanisme, et cette page ne permet pas de poser un diagnostic de fibromyalgie. Le système nerveux n'est pas cassé et le cerveau n'invente pas la douleur : le traitement de l'information douloureuse est simplement modifié.
Mécanismes mixtes
Beaucoup de situations réunissent plusieurs mécanismes en même temps. Une personne peut par exemple présenter des douleurs articulaires liées aux tissus, une composante nerveuse et une sensibilité accrue. Reconnaître ce mélange évite les explications trop simples et oriente mieux la prise en charge.
Pourquoi une douleur peut-elle persister ?
Il n'existe pas une explication unique. Les éléments qui contribuent à la persistance varient d'une personne à l'autre et peuvent inclure :
- une maladie ou une atteinte tissulaire toujours active
- une blessure antérieure
- une atteinte ou une irritation nerveuse
- une modification du traitement de la douleur par le système nerveux
- une diminution de la capacité physique
- des sollicitations répétées mal tolérées
- une inactivité prolongée
- un sommeil perturbé
- une fatigue importante
- le stress et la charge émotionnelle
- les effets de certains médicaments
- l'état de santé général
- des facteurs métaboliques ou nutritionnels lorsqu'ils sont cliniquement pertinents
- le contexte professionnel et social
Ces éléments ne forment pas une liste de causes à cocher. Ce sont des facteurs susceptibles d'influencer les symptômes, dont la pertinence se juge cas par cas.
Le fait que le sommeil, le stress ou l'état émotionnel influencent la douleur ne rend pas cette douleur psychologique.
La douleur chronique est-elle « dans la tête » ?
Non. La douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle réelle, qui implique le système nerveux.
Les pensées, les émotions, le sommeil, le stress, les expériences passées et le contexte peuvent influencer la manière dont la douleur est traitée. C'est vrai de la douleur en général, y compris après une blessure récente. Cela ne rend la douleur ni imaginaire ni volontaire.
À l'inverse, le fait que le système nerveux soit impliqué ne justifie pas d'ignorer des éléments structurels ou inflammatoires lorsqu'ils sont présents.
La douleur n'est pas créée de toutes pièces par le cerveau : elle émerge d'un traitement complexe au sein du système nerveux et du corps.
Une douleur chronique peut-elle exister avec des examens normaux ?
Oui, et c'est une situation fréquente.
L'IRM, la radiographie et les analyses de sang répondent à des questions biologiques précises. Elles ne mesurent pas directement l'expérience douloureuse ni tous les aspects du traitement de la douleur.
- des examens rassurants ne veulent pas dire que la douleur est imaginaire
- des images anormales n'expliquent pas automatiquement toute la douleur
- des analyses de routine normales n'excluent pas tout facteur contributif
- multiplier les examens n'est pas automatiquement utile
La suite dépend du tableau clinique. Pour aller plus loin sur les mécanismes, notre article du Centre de connaissances explique pourquoi une douleur devient chronique.
Sommeil et douleur chronique
La relation entre sommeil et douleur fonctionne dans les deux sens. La douleur peut perturber l'endormissement et provoquer des réveils. Un sommeil de mauvaise qualité peut, de son côté, augmenter la sensibilité à la douleur et rendre la récupération plus difficile.
Lors de la consultation, nous nous intéressons donc à :
- la qualité du sommeil
- les réveils nocturnes
- la durée du sommeil
- le caractère réparateur ou non des nuits
- le fait que la douleur interrompe ou non le sommeil
Un mauvais sommeil ne provoque pas à lui seul une douleur chronique, et améliorer le sommeil ne guérit pas la douleur. Le sommeil reste cependant un élément clinique pertinent, qui mérite d'être abordé.
Mouvement, activité et capacité physique
Une douleur persistante modifie souvent la façon de bouger. Certaines personnes réduisent fortement leur activité parce que le mouvement fait mal ou paraît risqué. D'autres dépassent régulièrement leur capacité actuelle et déclenchent des poussées de symptômes.
L'objectif n'est ni le repos complet, ni le fait de forcer à tout prix. Selon la situation, la prise en charge peut comprendre :
- le maintien du mouvement au quotidien
- une reprise progressive de l'activité
- un travail de renforcement
- l'amélioration de la capacité physique
- la gestion du rythme et des pauses
- l'adaptation des charges et des positions
- le retour progressif aux activités qui comptent pour vous
Le mouvement n'est ni une punition ni un remède universel. Il peut se combiner avec un suivi médical, une physiothérapie et les traitements proposés au Centre Algos. Pour des symptômes articulaires ou musculaires plus larges, notre page sur les douleurs musculosquelettiques entre davantage dans le détail.
Pourquoi la douleur chronique connaît-elle parfois des poussées ?
Les fluctuations font partie du quotidien de nombreuses personnes vivant avec une douleur persistante. Une poussée ne signifie pas nécessairement une nouvelle lésion.
Elle peut être influencée par :
- une charge physique inhabituelle
- une activité prolongée
- au contraire, une période d'inactivité
- un sommeil insuffisant
- une maladie intercurrente
- une période de stress
- un changement de routine
- l'activité d'une maladie sous-jacente lorsqu'elle existe
Un changement important et inhabituel ne doit toutefois pas être considéré d'emblée comme une simple poussée. De nouveaux symptômes neurologiques, un traumatisme, de la fièvre ou d'autres signes d'alerte justifient une réévaluation médicale.
Fatigue et brouillard mental
Certaines personnes vivant avec une douleur persistante décrivent aussi une fatigue marquée, des difficultés de concentration, un sommeil non réparateur ou une impression de brouillard mental. Ces symptômes disposent d'une page dédiée.
Ces plaintes peuvent interagir avec la douleur et avec les capacités du quotidien. Toutes les personnes vivant avec une douleur chronique ne les présentent pas, mais lorsqu'elles sont là, elles méritent d'être prises en compte.
Comment évalue-t-on une douleur chronique ?
L'évaluation ne commence pas par le choix d'un traitement. Elle commence par la compréhension de la situation.
Au Centre Algos, nous nous intéressons notamment à :
- la localisation de la douleur
- son moment d'apparition et sa durée
- son évolution et son rythme
- ses caractéristiques et sa description
- ce qui l'aggrave et ce qui la soulage
- les blessures et les opérations antérieures
- les diagnostics déjà posés
- l'imagerie et les résultats de laboratoire disponibles
- les traitements déjà entrepris
- les médicaments actuels
- la fonction au quotidien, le travail et l'activité physique
- le sommeil et la fatigue
- l'état de santé général
- le contexte émotionnel et le stress lorsqu'ils sont pertinents
- vos objectifs personnels
Nous considérons également si le tableau évoque plutôt des mécanismes nociceptifs, neuropathiques, nociplastiques ou une combinaison de plusieurs d'entre eux. Il s'agit d'une orientation clinique et non d'une classification définitive de chaque douleur.
Faut-il davantage d'examens en cas de douleur chronique ?
Pas automatiquement. Un examen doit répondre à une question clinique.
Selon l'histoire et les investigations déjà réalisées, la suite peut consister en :
- aucun examen supplémentaire
- la relecture des examens d'imagerie existants
- une évaluation médicale complémentaire
- une imagerie ciblée
- des analyses de sang ciblées
- une évaluation biologique fonctionnelle
- l'orientation vers un spécialiste
Cela ne veut pas dire que chaque personne vivant avec une douleur chronique présente une anomalie biologique cachée, ni que des analyses de routine normales seront forcément complétées par un test plus poussé qui donnera la réponse. Nous ne demandons pas d'examens au hasard.
Biologie fonctionnelle et micronutrition
Chez certaines personnes, des facteurs biologiques plus larges peuvent être pertinents pour l'état de santé général, le statut nutritionnel, l'énergie et la récupération, la santé métabolique ou d'autres symptômes accompagnant la douleur. Lorsque l'histoire clinique le justifie, une évaluation de laboratoire ciblée peut aider à préciser si ces éléments méritent une attention particulière. C'est le champ de la biologie fonctionnelle et micronutrition.
Nous ne considérons pas qu'une carence en micronutriments explique la plupart des douleurs chroniques, ni que corriger un paramètre biologique fait disparaître la douleur. Nous ne proposons pas de liste standard de compléments, et tout le monde n'a pas besoin d'analyses étendues.
Les médicaments dans la douleur chronique
Les personnes vivant avec une douleur chronique utilisent parfois des antalgiques, des anti-inflammatoires, des médicaments destinés aux douleurs neuropathiques ou d'autres traitements liés à leur maladie. Selon le diagnostic et la personne, ces traitements peuvent avoir une place appropriée.
Au Centre Algos :
- vos médicaments actuels font partie de l'évaluation
- nous nous intéressons à leurs bénéfices, à leurs limites et à votre expérience
- nous ne décrivons pas les médicaments comme de simples masques à symptômes
- nous ne conseillons pas d'arrêter un traitement prescrit sans discussion clinique appropriée avec le prescripteur
- les approches complémentaires ne sont pas des substituts automatiques aux médicaments
La prise en charge médicale conventionnelle
La prise en charge de la douleur chronique peut faire intervenir plusieurs disciplines, selon la situation :
- le médecin de premier recours
- une évaluation spécialisée
- la physiothérapie et la réadaptation
- des approches psychologiques
- la médecine de la douleur
- des traitements médicamenteux
- des gestes interventionnels
- une chirurgie lorsqu'une indication structurelle appropriée existe
Toutes les personnes concernées n'ont pas besoin d'un programme hospitalier multidisciplinaire. Le Centre Algos ne se positionne pas contre les centres de la douleur suisses : notre travail vient compléter une prise en charge médicale appropriée, pas la remplacer.
Approches psychocorporelles
Des approches psychologiques, la relaxation, les techniques de respiration ou la pleine conscience peuvent aider certaines personnes à mieux vivre certains aspects de la douleur chronique. Les techniques de respiration font l'objet d'une page dédiée au Centre Algos.
Proposer une approche psychologique ne signifie jamais que la douleur serait imaginaire. Ces approches sont des soutiens possibles, choisis avec vous, et non un traitement de base valable pour tout le monde.
Notre approche de la douleur chronique au Centre Algos
Nous procédons par étapes, dans un ordre qui donne du sens à la suite.
Nous ne promettons pas la disparition complète de la douleur. Les objectifs réalistes portent sur la réduction des symptômes, l'amélioration de la fonction et du sommeil, l'augmentation de la capacité physique, la participation au quotidien, la confiance dans le corps et la qualité de vie.
Comprendre le profil de la douleur
Quel type de douleur est présent, où se situe-t-il, comment a-t-il évolué et quels diagnostics existent déjà ?
Comprendre son impact
Quelles conséquences sur le mouvement, le sommeil, l'énergie, le travail, les activités quotidiennes et la qualité de vie ?
Faire le point sur ce qui a déjà été fait
Évaluations médicales, imagerie, analyses, physiothérapie, médicaments, infiltrations, chirurgie, traitements complémentaires.
Identifier les facteurs pertinents
Uniquement ceux que le tableau clinique soutient réellement, sans transformer la consultation en inventaire.
Décider de ce qui doit encore être évalué
Tout le monde n'a pas besoin d'examens supplémentaires. Lorsqu'un examen est utile, nous expliquons à quelle question il répond.
Construire une stratégie individuelle
Elle peut associer mouvement et réadaptation, votre suivi médical existant, la naturopathie, certains traitements du Centre Algos, une évaluation biologique ciblée, des mesures de récupération et, si nécessaire, une orientation spécialisée. La stratégie évolue selon la réponse.
Quels traitements peuvent être envisagés, et pourquoi
Nous ne proposons pas l'ensemble de nos traitements à chaque personne. Le choix dépend du tableau clinique, et il est discuté en consultation.
Douleurs musculosquelettiques, articulaires, tendineuses ou dorsales persistantes
L'hydrotomie percutanée peut être envisagée au Centre Algos dans certaines douleurs persistantes ou récurrentes, en particulier lorsque le tableau clinique comporte des symptômes musculosquelettiques, articulaires, tendineux, dorsaux ou discaux pertinents. Sa pertinence dépend de la situation individuelle et se discute lors de la consultation.
Sommeil, alimentation, activité, récupération et santé générale
La naturopathie ne consiste pas à chercher un antidouleur naturel. Elle offre un cadre pour examiner le sommeil, l'alimentation, l'activité physique, la récupération, le stress, la santé générale, les médicaments et compléments ainsi que les habitudes individuelles, lorsque ces éléments sont pertinents pour le tableau douloureux.
Notre article dédié détaille quelle place la naturopathie peut prendre dans la douleur chronique.
Soutien par les plantes médicinales
La phytothérapie peut être envisagée comme composante de soutien d'une stratégie individuelle. Le choix dépend de la situation clinique, des symptômes, des médicaments en cours et des autres traitements. Elle ne remplace pas un traitement médicamenteux et ne régénère pas les tissus.
Tensions musculaires et gêne régionale
La technique des ventouses peut être envisagée lorsque des tensions musculaires, une gêne régionale ou certains symptômes musculosquelettiques font partie du tableau. Le massage de Breuss peut être envisagé pour un inconfort dorsal et des tensions musculaires. Ces approches ne traitent pas les mécanismes de la douleur chronique en général.
Douleurs persistantes ou récurrentes avec plaintes musculosquelettiques
La thérapie Baunscheidt peut être envisagée chez certains patients présentant des douleurs persistantes ou récurrentes et des plaintes musculosquelettiques, dans le cadre d'une stratégie individuelle.
Quand une douleur persistante nécessite-t-elle une réévaluation médicale rapide ?
La grande majorité des situations n'a rien d'urgent. Certains signes justifient toutefois un avis médical sans attendre :
- une faiblesse neurologique nouvelle ou qui progresse rapidement
- des troubles nouveaux du contrôle urinaire ou intestinal associés à des symptômes vertébraux
- un traumatisme important
- de la fièvre associée à une douleur nouvelle ou sévère
- une articulation chaude et gonflée avec un état général altéré
- une perte de poids importante et inexpliquée
- une douleur nouvelle et intense accompagnée de symptômes généraux marqués
- une suspicion d'infection
- une suspicion de fracture
- une suspicion d'urgence vasculaire
- une douleur nouvelle chez une personne avec un antécédent de cancer pertinent
- un changement soudain et marqué d'une douleur jusque-là stable
Dans ces situations, adressez-vous à votre médecin, à un service d'urgence ou aux numéros d'urgence, et non à une demande de consultation de routine.
Lorsqu'un diagnostic plus précis compte
La douleur chronique est un cadre général. Selon les symptômes, une page plus spécifique peut être plus utile :
Pages dédiées
Le mal de dos concerne les douleurs lombaires persistantes, les symptômes discaux et la sciatique. L'arthrose concerne les douleurs et raideurs articulaires persistantes. Les tendinopathies concernent les symptômes tendineux persistants. Les douleurs musculosquelettiques couvrent plus largement les symptômes articulaires, musculaires et liés au mouvement. Les douleurs cervicales concernent la région du cou.
Les douleurs neuropathiques concernent les atteintes ou maladies nerveuses. Les maladies auto-immunes et inflammatoires concernent les situations inflammatoires établies ou suspectées. La fatigue et le brouillard mental accompagnent parfois le tableau douloureux. Les blessures sportives concernent les douleurs persistant après une blessure ou une surcharge liée au sport.
Pour aller plus loin dans le Centre de connaissances
Deux articles approfondissent ce que cette page résume : pourquoi une douleur devient-elle chronique, qui détaille les mécanismes, et douleur chronique : quelle place pour la naturopathie, qui décrit la démarche intégrative.
Consultation au Centre Algos à Fribourg
Le Centre Algos se situe à Fribourg. La première consultation prend le temps d'examiner l'histoire de votre douleur, son impact, ce qui a déjà été entrepris et ce qui mérite encore d'être clarifié.
Nous discutons ensuite ensemble des options qui ont du sens dans votre situation et de la manière dont elles s'articulent avec votre suivi médical.
Questions fréquentes
- À partir de quand parle-t-on de douleur chronique ?
- Généralement lorsqu'une douleur persiste ou revient depuis plus de trois mois. Le critère principal est la durée, pas l'intensité.
- Pourquoi une douleur continue-t-elle parfois après la guérison d'une blessure ?
- Plusieurs éléments peuvent y contribuer : une capacité physique réduite, une irritation nerveuse, un sommeil perturbé, une modification du traitement de la douleur par le système nerveux ou une maladie encore active. La combinaison diffère d'une personne à l'autre.
- Une douleur chronique signifie-t-elle que des tissus sont encore lésés ?
- Pas nécessairement, et pas systématiquement l'inverse non plus. Dans certaines situations une maladie reste active, dans d'autres la douleur persiste alors que la lésion initiale a évolué favorablement.
- Ma douleur peut-elle être réelle si l'IRM et les analyses sont normales ?
- Oui. Ces examens répondent à des questions biologiques précises et ne mesurent pas directement l'expérience douloureuse. Des résultats rassurants ne rendent pas la douleur imaginaire.
- La douleur chronique est-elle psychologique ?
- Non. La douleur est une expérience réelle qui implique le système nerveux. Le stress, le sommeil et les émotions peuvent influencer la manière dont elle est traitée, ce qui est vrai de toute douleur et ne la rend ni imaginaire ni volontaire.
- Quelle est la différence entre douleur nociceptive, neuropathique et nociplastique ?
- La douleur nociceptive est liée à une atteinte de tissus non nerveux, la douleur neuropathique à une lésion ou une maladie du système nerveux somatosensoriel, et la douleur nociplastique à une nociception modifiée sans qu'une atteinte tissulaire ou nerveuse explique à elle seule les symptômes. Ces mécanismes peuvent coexister.
- Pourquoi ma douleur connaît-elle des poussées ?
- Une charge inhabituelle, une inactivité prolongée, un mauvais sommeil, une maladie intercurrente ou une période de stress peuvent influencer les symptômes. Une poussée ne signifie pas forcément une nouvelle lésion, mais un changement marqué et inhabituel mérite une réévaluation.
- Un mauvais sommeil aggrave-t-il la douleur ?
- Un sommeil de mauvaise qualité peut augmenter la sensibilité à la douleur et rendre la récupération plus difficile, et la douleur perturbe elle-même le sommeil. Le sommeil ne cause pas à lui seul la douleur chronique, mais il mérite d'être abordé.
- Faut-il bouger quand on a des douleurs chroniques ?
- Dans la plupart des situations, maintenir une activité adaptée est utile. Le niveau approprié dépend de votre capacité actuelle et de votre diagnostic, et une progression trop rapide comme l'inactivité prolongée peuvent poser problème.
- Ai-je besoin de nouveaux examens ?
- Pas automatiquement. Un examen doit répondre à une question clinique précise. Selon votre histoire, il peut s'agir de relire des examens existants, de réaliser des analyses ciblées ou de ne rien ajouter du tout.
- Une douleur présente depuis des années peut-elle encore s'améliorer ?
- Une amélioration reste possible, notamment sur la fonction, le sommeil, la capacité physique et la qualité de vie. Nous ne promettons cependant pas la disparition complète de la douleur.
- Peut-on traiter une douleur chronique sans médicaments ?
- Certaines personnes utilisent peu ou pas de médicaments, d'autres en ont besoin. Nous n'avons pas pour objectif de réduire ou de remplacer un traitement prescrit : toute modification se discute avec le médecin prescripteur.
- Comment le Centre Algos aborde-t-il la douleur chronique ?
- Nous commençons par comprendre le type de douleur, son impact et ce qui a déjà été fait, puis nous déterminons ce qui mérite encore d'être évalué et construisons avec vous une stratégie individuelle qui peut évoluer selon votre réponse.
Traitements adaptés
Hydrotomie percutanée
Une approche locale pouvant être envisagée dans certaines douleurs persistantes ou récurrentes, selon la situation clinique.
Naturopathie
Une approche globale pour mieux comprendre votre santé et favoriser un bien-être durable.
Biologie fonctionnelle & micronutrition
Mieux comprendre vos besoins grâce à la nutrition et à des informations biologiques ciblées.
Sources médicales et pour aller plus loin
- IASP, terminologie de la douleurDéfinitions de référence de la douleur et des mécanismes nociceptif, neuropathique et nociplastique.
- Treede et al., classification IASP de la douleur chronique pour la CIM-11Distinction entre douleur chronique primaire et douleur chronique secondaire.
- Kosek et al., critères cliniques de la douleur nociplastiqueCadre proposé pour identifier une douleur nociplastique musculosquelettique.
- Fitzcharles et al., douleur nociplastique (The Lancet)Revue clinique du concept et de ses implications pratiques.
- Revue Médicale SuissePublications suisses de référence sur la prise en charge de la douleur chronique.
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