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Mouvement

Genou du coureur : pourquoi ai-je mal au genou en courant ?

Pourquoi le genou fait-il mal en courant ? Comprendre le genou du coureur, la douleur fémoro-patellaire, la charge, la rééducation et quand consulter.

Par Publié le 4 septembre 202611 min de lecture

Coureur amateur s'entraînant en extérieur sur un chemin

Vous augmentez votre kilométrage, ajoutez des côtes, préparez une course ou reprenez l'entraînement après une pause. Puis une douleur sourde apparaît autour ou derrière la rotule. Elle peut survenir pendant la course, après l'effort, dans les escaliers ou lorsque vous vous accroupissez.

On parle souvent de genou du coureur. Dans de nombreux cas, ce tableau correspond à une douleur ou un syndrome fémoro-patellaire. Mais « genou du coureur » n'est pas un diagnostic précis. Plusieurs problèmes peuvent provoquer une douleur du genou pendant la course. Identifier le type de douleur et les contraintes auxquelles le genou est exposé est donc essentiel pour reprendre la course dans de bonnes conditions.

Qu'est-ce que le genou du coureur ?

Le « genou du coureur » est une expression courante plutôt qu'un diagnostic médical précis. Elle désigne souvent la douleur fémoro-patellaire, l'une des causes fréquentes de douleur à l'avant du genou chez les personnes physiquement actives.

La patella, ou rotule, se situe à l'avant du genou et s'articule avec le fémur. Cet ensemble forme l'articulation fémoro-patellaire.

La douleur est généralement ressentie autour ou derrière la rotule et devient souvent plus sensible lorsque le genou fléchi est mis en charge, par exemple lors de :

  • la course
  • la montée ou la descente des escaliers
  • squats ou accroupissements
  • sauts
  • descentes en course à pied
  • positions assises prolongées avec le genou plié

Toute douleur du genou chez un coureur n'est cependant pas fémoro-patellaire. Une douleur sous la rotule peut concerner le tendon patellaire. Une douleur sur le côté externe du genou peut avoir d'autres origines, notamment le syndrome de la bandelette ilio-tibiale. Un traumatisme, une arthrose, une atteinte méniscale ou une lésion de stress osseux peuvent également provoquer des symptômes différents.

La localisation de la douleur donne des indices, mais elle ne suffit pas à poser un diagnostic.

Pourquoi le genou peut-il commencer à faire mal en courant ?

La course impose des charges répétées au genou. Cela fait partie de son fonctionnement normal.

Des symptômes peuvent apparaître lorsque les contraintes augmentent plus rapidement que la capacité actuelle du coureur à les tolérer.

Cela peut arriver après :

  • une augmentation du kilométrage hebdomadaire
  • davantage de séances par semaine
  • l'introduction de fractionné ou de vitesse
  • davantage de côtes ou de descentes
  • le début d'une préparation à une compétition
  • une reprise trop rapide après une pause ou une blessure
  • plusieurs changements d'entraînement simultanés
  • une récupération insuffisante entre les séances

La force musculaire, les blessures antérieures, certains mouvements, le sommeil, la récupération et d'autres facteurs individuels peuvent également modifier la capacité à tolérer la charge.

Deux coureurs suivant exactement le même programme peuvent donc réagir très différemment.

Charge et capacité

La relation entre charge et capacité est un modèle utile pour comprendre de nombreux problèmes liés à la course.

Courir crée une charge. Mais l'entraînement permet également au corps de s'adapter à cette charge.

Si la progression est adaptée, la capacité peut augmenter. Si la demande augmente trop rapidement, des symptômes peuvent apparaître.

Schéma explicatifCharge, capacité et reprise de la course
  1. Étape 1: La charge d'entraînement augmente
  2. Étape 2: La demande dépasse la capacité actuelle
  3. Étape 3: La douleur apparaît ou augmente
  4. Étape 4: La charge est adaptée et la force/capacité reconstruite progressivement
  5. Étape 5: La tolérance augmente
  6. Étape 6: Retour progressif au niveau de course souhaité

Ce modèle n'explique pas toutes les douleurs du genou. Des symptômes inhabituels ou persistants nécessitent une évaluation appropriée.

L'objectif n'est généralement pas d'éviter définitivement de solliciter le genou, mais de trouver un niveau de charge tolérable puis de reconstruire progressivement la capacité nécessaire aux objectifs sportifs.

Courir abîme-t-il les genoux ?

Un genou douloureux peut donner l'impression que chaque kilomètre l'abîme davantage. La douleur ne signifie pourtant pas automatiquement que la course use progressivement l'articulation.

Les études consacrées à la course récréative et à l'arthrose du genou n'ont pas montré que les coureurs amateurs présentaient davantage d'arthrose que les non-coureurs. Les études par IRM suggèrent également que les modifications du cartilage observées immédiatement après une course sont faibles et transitoires.

Cela ne signifie pas qu'il faut continuer à courir coûte que coûte lorsqu'un genou fait mal.

Il faut distinguer deux idées :

la course est mauvaise pour les genoux

et

la quantité de course actuelle dépasse peut-être ce que votre genou tolère confortablement aujourd'hui.

La seconde question est beaucoup plus utile en pratique.

La technique de course est-elle responsable ?

La technique influence la manière dont les forces sont réparties dans le membre inférieur, mais il n'existe pas une seule façon « parfaite » de courir qui empêcherait les douleurs fémoro-patellaires.

La cadence, la longueur de foulée, la vitesse, le type d'appui et la position du tronc peuvent modifier les contraintes fémoro-patellaires.

Des données récentes indiquent que certaines stratégies de réentraînement à la course, notamment une augmentation modérée de la cadence ou un appui plus doux, peuvent améliorer la douleur et la fonction chez certains coureurs.

Cela ne signifie pas que chaque personne souffrant du genou doit changer sa technique.

La pronation, l'attaque talon, la position du genou ou un mouvement particulier ne doivent pas être considérés automatiquement comme la cause.

Un réentraînement de la course est surtout intéressant lorsqu'une modification précise semble pertinente pour le coureur concerné.

Est-ce à cause d'un manque de force des hanches ou des fessiers ?

C'est une autre explication fréquemment simplifiée.

La force est importante et le renforcement de la hanche peut faire partie d'une rééducation efficace. Mais constater une faiblesse chez une personne qui souffre déjà ne prouve pas que cette faiblesse est à l'origine de la douleur.

Les recommandations actuelles cherchent donc moins à identifier un muscle « défaillant » qu'à comprendre les symptômes, les capacités physiques, les exigences de l'entraînement et les limitations propres au coureur.

La rééducation peut ensuite cibler ce qui est réellement pertinent.

Faut-il changer de chaussures ?

Pas nécessairement.

Les chaussures peuvent influencer le confort et la répartition des contraintes, mais il n'existe pas de chaussure universellement correcte pour la douleur fémoro-patellaire.

Un changement peut être intéressant si les symptômes ont commencé après une modification importante des chaussures ou si un autre modèle améliore nettement le confort. Mais acheter une chaussure plus chère ne résout pas automatiquement le problème.

Des orthèses plantaires préfabriquées peuvent également être utiles chez certaines personnes comme mesure complémentaire à court terme. Elles ne sont pas nécessaires pour tous les coureurs, et rien ne justifie de prescrire systématiquement des semelles sur mesure.

Faut-il arrêter de courir ?

Pas toujours.

La question la plus utile est souvent : quelle quantité de course le genou peut-il actuellement tolérer sans être continuellement ré-irrité ?

Selon la situation, il peut être utile temporairement de :

  • réduire la distance
  • espacer les séances
  • diminuer le travail de vitesse
  • réduire les côtes ou les descentes
  • augmenter la récupération
  • alterner avec une activité cardiovasculaire moins contraignante
  • interrompre temporairement la course si les symptômes sont trop irritables

Une personne qui ressent une légère douleur uniquement après une longue sortie n'a pas besoin de la même stratégie qu'une personne qui souffre déjà en marchant ou dans les escaliers.

Le repos complet peut calmer la douleur, mais il ne reconstruit pas à lui seul la capacité nécessaire pour courir.

Exercices et rééducation

La rééducation ne consiste pas simplement à « renforcer le genou ».

Elle peut chercher à améliorer la capacité du quadriceps et d'autres muscles du membre inférieur, à augmenter progressivement la tolérance aux activités sollicitant l'articulation fémoro-patellaire et à transférer ces progrès vers la course.

Selon le coureur, cela peut comprendre :

  • renforcement ciblé du genou
  • renforcement de la hanche lorsque pertinent
  • renforcement plus global du membre inférieur
  • progression de la charge
  • travail du mouvement lorsque nécessaire
  • progression spécifique vers la course

La rééducation doit progressivement se rapprocher des exigences réelles du sport.

Une personne souhaitant reprendre quelques kilomètres tranquillement n'a pas les mêmes besoins qu'un coureur préparant un semi-marathon en montagne.

Le taping, les thérapies manuelles ou les semelles peuvent-ils aider ?

Oui, dans certaines situations, mais plutôt comme compléments que comme base de la rééducation.

Le taping peut diminuer temporairement les symptômes chez certaines personnes. Des orthèses plantaires préfabriquées peuvent être utiles dans certains profils. Une thérapie manuelle peut également être intégrée lorsqu'elle répond à un besoin individuel.

La question essentielle est de savoir si l'intervention aide la personne à progresser vers l'activité et la rééducation.

Un traitement passif seul ne reconstruit pas la capacité à courir.

L'hydrotomie percutanée peut-elle avoir une place ?

Au Centre Algos, nous avons une expérience clinique de l'utilisation de l'hydrotomie percutanée chez des coureurs présentant des symptômes persistants du genou.

Sa pertinence dépend de la situation individuelle. Lorsqu'elle est utilisée, elle s'intègre dans une stratégie plus globale tenant compte du diagnostic, de la charge de course, de la rééducation et des objectifs de reprise de l'activité.

Elle ne remplace pas la rééducation progressive.

Quand une évaluation biologique plus large peut-elle être pertinente ?

La plupart des coureurs présentant un tableau fémoro-patellaire classique n'ont pas besoin d'analyses sanguines ou de selles approfondies.

Une évaluation plus large peut devenir pertinente lorsque le problème du genou s'accompagne par exemple de :

  • fatigue persistante
  • blessures répétées
  • récupération anormalement difficile
  • alimentation restrictive
  • suspicion de carence
  • troubles menstruels
  • modifications importantes du poids ou de la disponibilité énergétique
  • suspicion de lésion de stress osseux

Une disponibilité énergétique insuffisante peut concerner les femmes comme les hommes et, lorsqu'elle devient problématique, contribuer au syndrome de déficit énergétique relatif dans le sport, ou REDs.

Dans ce contexte, il n'est pas toujours pertinent d'évaluer le genou isolément.

Biologie fonctionnelle & Micronutrition

Faut-il faire une IRM ?

La douleur fémoro-patellaire est généralement un diagnostic clinique, établi à partir de l'histoire et de l'examen.

Une IRM systématique n'est habituellement pas nécessaire.

L'imagerie devient plus pertinente lorsque les symptômes ou l'examen font suspecter un autre diagnostic, après un traumatisme important, lorsque l'évolution n'est pas celle attendue ou lorsque le résultat peut réellement modifier la prise en charge.

Une IRM devrait répondre à une question clinique, pas simplement être demandée parce que le genou fait mal.

Quand la douleur n'est-elle peut-être pas un simple « genou du coureur » ?

Comment nous évaluons les douleurs du genou liées à la course au Centre Algos

Nous cherchons d'abord à comprendre le tableau réel plutôt que de supposer que tous les coureurs souffrent du même problème.

Nous examinons notamment :

  • la localisation de la douleur
  • le moment où elle apparaît
  • son évolution pendant et après la course
  • les escaliers, squats et autres activités provocatrices
  • les changements récents d'entraînement
  • la distance, la fréquence, la vitesse et le terrain
  • les blessures antérieures
  • la force et la fonction
  • la récupération
  • les antécédents médicaux pertinents
  • les objectifs sportifs

Le premier objectif est de distinguer un tableau fémoro-patellaire typique des autres causes de douleur du genou chez le coureur.

Nous pouvons ensuite construire une stratégie individualisée autour de la charge, de la rééducation, de la reprise de la course et, lorsque cela est pertinent, de traitements complémentaires.

Le genou du coureur peut-il s'améliorer ?

Oui, mais la récupération n'est pas toujours immédiate.

La douleur fémoro-patellaire peut persister ou récidiver, notamment lorsque les facteurs qui entretiennent le problème ne sont pas suffisamment pris en compte. Les recherches récentes montrent également que le pronostic varie considérablement d'une personne à l'autre.

Il est donc peu utile de promettre qu'un genou du coureur sera guéri en quatre ou six semaines.

Un objectif plus pertinent est une amélioration progressive de la douleur, de la fonction et de la quantité de course que le genou peut tolérer.

L'objectif final n'est pas simplement d'obtenir un genou silencieux.

C'est de retrouver un genou capable de répondre aux exigences que vous souhaitez lui imposer.

Questions fréquentes

Qu'est-ce exactement que le genou du coureur ?

C'est une expression courante. Elle désigne souvent une douleur fémoro-patellaire autour ou derrière la rotule, mais d'autres problèmes peuvent provoquer des douleurs du genou liées à la course.

Le genou du coureur est-il la même chose que le syndrome fémoro-patellaire ?

Souvent, mais pas systématiquement. « Genou du coureur » n'est pas un diagnostic médical précis.

Pourquoi ai-je mal au genou en courant mais pas en marchant ?

La course impose généralement des contraintes répétées plus importantes que la marche. Le genou peut donc tolérer les activités quotidiennes mais devenir douloureux lorsque la charge de course dépasse sa capacité actuelle.

Pourquoi la douleur apparaît-elle après la course ?

Les symptômes ne culminent pas nécessairement au moment où le genou est sollicité. Leur moment d'apparition et leur évolution après l'effort fournissent des informations utiles lors de l'évaluation.

Puis-je continuer à courir ?

Parfois oui. Continuer exactement le même entraînement malgré une aggravation progressive est cependant différent d'une poursuite adaptée de la course pendant la rééducation.

Dois-je arrêter complètement ?

Pas nécessairement. Le repos peut calmer les symptômes, mais il ne reconstruit pas la capacité nécessaire pour courir.

Quels exercices sont utiles ?

Les exercices ciblant le genou, notamment le quadriceps, occupent une place centrale. Le renforcement de la hanche et du membre inférieur peut également être utile selon la situation.

Faut-il une IRM ?

Habituellement pas pour un tableau fémoro-patellaire typique. L'imagerie est surtout utile lorsqu'un autre diagnostic est suspecté ou lorsqu'elle peut modifier la prise en charge.

Dois-je changer de chaussures ?

Pas automatiquement. Le confort et la réponse individuelle sont plus importants que la recherche d'une chaussure théoriquement parfaite.

Modifier ma technique de course peut-il aider ?

Chez certains coureurs, oui. Une augmentation modérée de la cadence ou un appui plus doux peuvent être utiles dans certains cas, mais le réentraînement doit être individualisé.

Combien de temps faut-il pour récupérer ?

Il n'existe pas de délai universel fiable. La durée dépend notamment de l'ancienneté des symptômes, des exigences sportives et de la progression de la rééducation.

Pourquoi la douleur revient-elle ?

Elle peut récidiver lorsque les contraintes dépassent à nouveau la capacité actuelle, lorsque la rééducation n'a pas suffisamment progressé ou lorsqu'un autre facteur pertinent n'a pas été identifié.

L'hydrotomie peut-elle être envisagée ?

Nous avons une expérience clinique de l'hydrotomie percutanée chez certains coureurs présentant des symptômes persistants du genou. Sa pertinence est évaluée individuellement dans le cadre d'une stratégie plus globale de traitement et de reprise de la course.

Quand faut-il faire évaluer une douleur après la course ?

Lorsque la douleur persiste, s'aggrave, limite la vie quotidienne, suit un traumatisme important ou s'accompagne de gonflement, blocage, instabilité, impossibilité de prendre appui ou douleur osseuse localisée.

Sources et références

À lire également

Vous ne savez toujours pas pourquoi votre genou vous fait mal en courant ?

Une douleur du genou liée à la course ne signifie pas toujours qu'il faut arrêter le sport. Elle mérite cependant de comprendre ce qui est sollicité et pourquoi.

Au Centre Algos à Fribourg, nous pouvons évaluer vos symptômes, votre entraînement, votre fonction et vos examens antérieurs afin de déterminer la suite la plus appropriée pour le traitement et la reprise de l'activité.

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